Pop... out

Le dernier rituel

Ça fait du bien de ne rien dire pendant deux mois. Tel l’anonyme du net que je suis. Je me trimbale de blog en blog, tel un chapeau mou. Je ne quémande rien, je ne donne rien et je ne reçois rien. Peinard. Je n’écris rien car je n’ai rien à dire. D’ailleurs, le silence est une corde sur laquelle on tire que trop rarement. Ce serait bien, rien qu’une fois, de forcer ce silence. Clac. On tire la corde. Elle rompt. Bruit sourd. Silence. Je le répèterai à l’infini ce mot… le seul et vrai abrutissement. Se répéter ad nauseam que le bruit n’est que ça… trois petits points de suspension.

Et puis avoir la gueule décharnée au premier coup de sang. Donner au volant ce coup sec qui nous fait aller dans le décor. La gueule abrutie par le sous-tube qui danse sur les ondes depuis quelques jours. La gueule aplatie tout court.

Que mettre en ce début de mois d’octobre ? Quel morceau s’autorise à singer ce qui a été déjà écrit ? Qui prépare le Dernier Rituel façon Cérémonie Exutatoire ? On ira cracher sur vos crachats ? Vider l’air de votre cache, puiser le peu de liberté qui reste ?

C’était bien de ne rien écrire. Mais je ne suis qu’un pauvre con qui veut faire comme tout le monde.

It’s kinda strange, like a stormy sea.

Pop out is back, I feel bad.


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Soul maker

août 22
Commentaires

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Il paraît que depuis son apparition, certains boulottent du mp3 comme d’autres se gavent de sucreries bien chimiques. Ils en écrivent des pages et des pages, les uns en font des sites, les autres s’oublient dans leurs considérations égotistes.

Dire que l’on s’en fiche n’est pas un vain mot.
Le net est devenu un vide-ordure à sentiments. Cette absence de limites dans l’écrit a certainement pour origine un “vide”, une absence dans la pensée et la représentation imaginaire. En fait nous ne savons rien. Métaphoriquement parlons, nous ne pouvons pas utiliser des mots pour poser certaines questions qui précèdent certains mots. Seule la musique le permet. La fantastique prodigalité des langages musicaux ne résoud pas l’énigme de Babel mais elle ne l’obscurcit pas. Au contraire, elle édifie des mondes, des utopies, des réactions éphémères, des potentialités discursives. Le musicien est un polyglotte des sons et de fait, il est plus libre que n’importe qui.

Aussi lorsqu’on aborde des rivages au sable noir avec des nappes de piano et de synthé sorties tout droit des lymbes, avec comme seul but de nous faire cauchemarder, la musique devient-elle un objet de propagande ? Moolah et son Woe Ye Demon Possessed cueillent les fruits perdus d’un monde. Ce monde-ci, je ne veux pas le connaître, il ressemble à ce film perdu “La fin absolue du monde” de John Carpenter, un film sur le cinéma dans tout ce qu’il y a de plus poisseux et angoissant. Ce disque impose ou plutôt implique une logique du néant et du nihilisme. Dans notre république du polyglotte des sons, le morceau d’ouverture Crystal Waters est une carte blanche laissée aux pyromanes, sa liberté de ton, un appel irréfléchi.

Claustrophobe à souhait. On respire mal.

by the mystic fire
ye wait . . . . yor hide
glistening with sweat
of strange endeavors
performing dances
to the sun and moon
licking blood drinking tears
sacrificing love on the
altar of tomorrow
eating fruits of stolen vineyards
with withered young mouths
that sing old songs
which were forbid…

Cet anti-monde affecte notre propre anarchie. Une fois écoutée, notre esprit est happé par les contingences sonores de cette musique. Elle devient rhétorique et métaphorique. Elle déconstruit nos habitudes, notre existence immanente, le jeu perpétuel de notre innocence. Alors il se peut que chaque note prise séparément, expulsée du silence permanent, enprunte la voie d’une certaine humanité. Peut-être existe-t-il une sphère intermédiaire où le langage musical crée une oeuvre irréparable. Nul ne le sait.

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Poussières d’étoile

On quitte quelques temps un navire, peu enclin à nous enivrer de ses mots. On revient avec le même sale goût de décomposition dans la bouche. Si ce blog tient lieu de rubrique nécrologique, autant tester le saut de l’ange. Une chute finale. Point. C’est si simple de glorifier le passé d’un mort. Nous sommes au 20 heures de la domestication des esprits. Rendons notre cerveau disponible et buvons du coca à la gloire d’Arthur Lee. Trinquons à cette langue larmoyante que l’on ne parle plus impunément, mais qu’on respire et accepte. Buvons à la mémoire d’Arthur Lee, qui fut le premier en tout mais le dernier à mourir.

Nous étions heureux dans les années 60, tout était mieux dans les années 60. Il suffisait d’une révélation au coin de la rue, pour être tenu à participer à la grande fête orgiaque. Que reste-t-il aujourd’hui ? Une immense gueule de bois et quelques poussières d’étoile.


Tomorrow never dies

Ça sent la naphtaline. Celle que l’on utilise pour embaumer nos morts. Ça sent le patchouli et la larmoyante assemblée des scripteurs qui, de leur verbe endormi, tente de re-donner un souffle de vie à un mort. Qu’importe que Barrett soit mort depuis longtemps, on fête aujourd’hui Syd. Les parasites mortifères se réveillent. Et on imagine ceux qui se replongent dans ses disques, ceux dont on ne se souvenait même plus l’existence.

C’est ainsi. On consomme du mort. Mais en 1967, c’était autre chose.


De pied mort

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Lorsque les français ne gagnent pas à leur jeu de baballe préféré, ils donnent le sacrement ultime à une idole désormais perdue. Un coup de boule et tombent les larmes. Une tête est tombée. Un roi meurt en silence. Il nous reste des lendemains de fête aux allures de pétard mouillé, un champ lexical fortement réduit et quelques gueules de bois monumentales. Comme à l’accoutumée. A chaque descente dans la rue, l’enculage de mouche reste l’activité préférée du pékin moyen.

Quitte à travestir le quotidien sous une montagne de sentiments fraternels mielleux et sans lendemain, autant oublier que le chant de gloire n’est qu’une bulle qui éclate à la première contrariété. Ce n’est qu’un jeu, comme qui dirait l’autre. Le silence, aussi, est un jeu, beaucoup plus pénétrant que les cirques actuels et à venir. Il est remballé le grand chapiteau, Monsieur Loyal renvoie un rictus fatigué, le clown n’a pas fait rire et les enfants n’ont guère apprécié le numéro des pachidermes. La permanence audio-visuelle n’est qu’une baudruche.

Qui tient les manchons de la charrue durant ce temps ? Quel est le mérite de celui qui dévore sa vie à pleines dents ? Quelles sont nos zones-limites ? Qui est assujetti à un jeûne de l’esprit, après ces orgies ? A l’égard de ce néant, suffit-il juste de l’ignorer et vivre ou de vivre et le penser ?

C’est l’histoire d’un possible, d’une culture alternative et personne n’ira In my head (mp3) pour se soulager.
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La tradition veut que j'utilise cet espace pour vous signaler que les mp3 que vous trouverez sur ce blog ne sont disponibles que quelques jours (ça dépendra de mon humeur) et si le fisc ne vous a pas encore tondus, pauvres que vous êtes, d'acheter les disques proposés... Si vous désirez me joindre, une seule et unique adresse [outpop_@_gmail.com]

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