Pop... out

Tomorrow never dies

Ça sent la naphtaline. Celle que l’on utilise pour embaumer nos morts. Ça sent le patchouli et la larmoyante assemblée des scripteurs qui, de leur verbe endormi, tente de re-donner un souffle de vie à un mort. Qu’importe que Barrett soit mort depuis longtemps, on fête aujourd’hui Syd. Les parasites mortifères se réveillent. Et on imagine ceux qui se replongent dans ses disques, ceux dont on ne se souvenait même plus l’existence.

C’est ainsi. On consomme du mort. Mais en 1967, c’était autre chose.


De pied mort

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Lorsque les français ne gagnent pas à leur jeu de baballe préféré, ils donnent le sacrement ultime à une idole désormais perdue. Un coup de boule et tombent les larmes. Une tête est tombée. Un roi meurt en silence. Il nous reste des lendemains de fête aux allures de pétard mouillé, un champ lexical fortement réduit et quelques gueules de bois monumentales. Comme à l’accoutumée. A chaque descente dans la rue, l’enculage de mouche reste l’activité préférée du pékin moyen.

Quitte à travestir le quotidien sous une montagne de sentiments fraternels mielleux et sans lendemain, autant oublier que le chant de gloire n’est qu’une bulle qui éclate à la première contrariété. Ce n’est qu’un jeu, comme qui dirait l’autre. Le silence, aussi, est un jeu, beaucoup plus pénétrant que les cirques actuels et à venir. Il est remballé le grand chapiteau, Monsieur Loyal renvoie un rictus fatigué, le clown n’a pas fait rire et les enfants n’ont guère apprécié le numéro des pachidermes. La permanence audio-visuelle n’est qu’une baudruche.

Qui tient les manchons de la charrue durant ce temps ? Quel est le mérite de celui qui dévore sa vie à pleines dents ? Quelles sont nos zones-limites ? Qui est assujetti à un jeûne de l’esprit, après ces orgies ? A l’égard de ce néant, suffit-il juste de l’ignorer et vivre ou de vivre et le penser ?

C’est l’histoire d’un possible, d’une culture alternative et personne n’ira In my head (mp3) pour se soulager.
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Aveugle-moi

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La fin des vacances est proche. Last days. Lorsqu’un môme nous balança à la figure ce 05 avril 1994 que Kurt Cobain était mort, il y eut quelques échanges de regards du coin de l’oeil. Recevoir une savate en pleine figure aurait eu le même effet, la marque rouge en moins, l’air idiot en plus. Ne pas y croire. Putain ! Quelqu’un a une radio ? Recherche d’une fréquence. Merde c’est vrai… Silence consterné, un ange passa et re-passa. Aujourd’hui, le bruit est si intense qu’une telle nouvelle passerait vite en filet dans la rubrique des chiens écrasés. Tout juste quelques mots à la télé. Car ce jour-là, un gars pas si tranquille de la middle-class américaine, en proie à de terribles démons, mit fin à un drôle de rêve. Avec Nirvana, notre karma avait viré au gris clair de nos vies intérieures : croire un bref moment à autre chose.

Et puis cette pelle qui creuse la tombe. Ce bruit sourd des mottes de terre qui retombent. Y croire fut certainement la dernière erreur commise par une génération qui, avant de s’engouffrer dans la bulle Internet, aura pris le temps de partager la mort de son seul et unique héros. Parce que c’était lui, parce qu’il nous ressemblait. 12 ans après, que reste-t-il ? On s’emballe pour des gai-lurons et certains pensent voir en un amateur du banjo, l’avenir d’un genre. En fait de bruit, le buzz est tellement fort qu’on en oublie tout sens critique. De bas en haut, la même rengaine insipide, 10000 articles pour encenser la même chose, sans y apporter le moindre son de cloche. La fin de la critique musicale, au sens Lester Bangs. Plus de discussions enflammées au bar du coin pour tirer le meilleur d’In Utero. I hate myself and I want to die (mp3). Un dernier son punk-rock pour la route et croire encore que des électrons noirs bougeront toute cette merde.

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Pink punk

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Au rock des folles, j’oppose le punk croquignolet des Pansy Division. Sans vouloir entrer dans une classification aussi sordide qu’inutile (la liste des courses, c’est au 666ème étage, couloir 6, porte 66), les groupes ou chanteurs qui se revendiquent ouvertement gays, lesbiens ou trans ne sont pas légion. On a bien ici et là quelques coming out qui sentent bon le cuir et la sueur, mais l’essentiel de la queer mouvance se cache essentiellement du côté des folkeux.

Lorsque débarque en 1993 Pansy Division, ce groupe brise, plus ou moins, une loi des silences et des clichés qui voudrait que milieu gay rythme nécessairement avec la disco et la house cheap. Le pogo, les guitares à trois cordes, les batteries éventrées sont réservés aux bons hétéros du village, ma bonne dame. Et pas question de sortir des circuits bien huilés des strass et de la boule à facettes !

Avec Pansy Division, on aborde de plein fouet les sujets réservés jusqu’alors à un cercle ou aux magazines undergrounds : fist fucking, les meilleures positions sexuelles, les désirs refoulés de jeunes éphèbes, etc. L’arrivée de tels thèmes, sans le déguisement délicieusement perverti à la Velvet Underground, bouleverse quelque peu la donne dans le milieu punk, qui manifeste régulièrement une homophobie rampante et puante. Le groupe, un quatuor dans le vent, affiche ses couleurs “No Future” fortement teintées de rose vif. Voilà pour le message politique.

En revanche, musicalement, c’est de la daube avariée en boîte. Car si les Pansy Division font du punk-rock, moi je fais du yukélélé avec mon clavier. Ces mecs-là se sont arrêtés aux clichés du genre (et encore), car leur musique lorgne plutôt vers un pop/rock des plus gentillets que vers la faconde énervée des Dead Kennedys. On y déniche même des morceaux de country, ce qui ferait chavirer d’angoisse tout bon punk. Prenez un morceau comme He whipped my ass in Tennis (mp3) aux paroles savamment crues :

So we whipped and fucked
And fucked and whipped
And whipped and fucked
And fucked and whipped
He whipped my ass in tennis
Then I fucked his ass in bed

Chanté sur un air tyrolien participe davantage à un foutage de gueule généralisé qu’à une reconnaissance active d’une quelconque appartenance. Quitte à revendiquer un punk/rock ouvertement gay, la démarche d’un Bob Mould, moins ostentatoire, apporte plus d’eau au moulin de l’esprit punk que ces quatre mignons-là.

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La tradition veut que j'utilise cet espace pour vous signaler que les mp3 que vous trouverez sur ce blog ne sont disponibles que quelques jours (ça dépendra de mon humeur) et si le fisc ne vous a pas encore tondus, pauvres que vous êtes, d'acheter les disques proposés... Si vous désirez me joindre, une seule et unique adresse [outpop_@_gmail.com]

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