
Au rock des folles, j’oppose le punk croquignolet des Pansy Division. Sans vouloir entrer dans une classification aussi sordide qu’inutile (la liste des courses, c’est au 666ème étage, couloir 6, porte 66), les groupes ou chanteurs qui se revendiquent ouvertement gays, lesbiens ou trans ne sont pas légion. On a bien ici et là quelques coming out qui sentent bon le cuir et la sueur, mais l’essentiel de la queer mouvance se cache essentiellement du côté des folkeux.
Lorsque débarque en 1993 Pansy Division, ce groupe brise, plus ou moins, une loi des silences et des clichés qui voudrait que milieu gay rythme nécessairement avec la disco et la house cheap. Le pogo, les guitares à trois cordes, les batteries éventrées sont réservés aux bons hétéros du village, ma bonne dame. Et pas question de sortir des circuits bien huilés des strass et de la boule à facettes !
Avec Pansy Division, on aborde de plein fouet les sujets réservés jusqu’alors à un cercle ou aux magazines undergrounds : fist fucking, les meilleures positions sexuelles, les désirs refoulés de jeunes éphèbes, etc. L’arrivée de tels thèmes, sans le déguisement délicieusement perverti à la Velvet Underground, bouleverse quelque peu la donne dans le milieu punk, qui manifeste régulièrement une homophobie rampante et puante. Le groupe, un quatuor dans le vent, affiche ses couleurs “No Future” fortement teintées de rose vif. Voilà pour le message politique.
En revanche, musicalement, c’est de la daube avariée en boîte. Car si les Pansy Division font du punk-rock, moi je fais du yukélélé avec mon clavier. Ces mecs-là se sont arrêtés aux clichés du genre (et encore), car leur musique lorgne plutôt vers un pop/rock des plus gentillets que vers la faconde énervée des Dead Kennedys. On y déniche même des morceaux de country, ce qui ferait chavirer d’angoisse tout bon punk. Prenez un morceau comme He whipped my ass in Tennis (mp3) aux paroles savamment crues :
So we whipped and fucked
And fucked and whipped
And whipped and fucked
And fucked and whipped
He whipped my ass in tennis
Then I fucked his ass in bed
Chanté sur un air tyrolien participe davantage à un foutage de gueule généralisé qu’à une reconnaissance active d’une quelconque appartenance. Quitte à revendiquer un punk/rock ouvertement gay, la démarche d’un Bob Mould, moins ostentatoire, apporte plus d’eau au moulin de l’esprit punk que ces quatre mignons-là.
Connaissais pas Pansy division. Maintenant il me semble peu probable que j’y risquerai
Ton intéressant. On attend la suite…
Et bon courage
Comment par abricot noir — juillet 1, 2006 @ 11:48
Il est vrai que je n’ai pas donné le La de la ligne éditoriale.
Comment par Khalis — juillet 2, 2006 @ 8:45
Tu t’échauffes le clavier ?
Je joins mes encouragements à l’ami Abricot. Bonne chance pour la suite !
Comment par Ulrich — juillet 2, 2006 @ 12:31