
La fin des vacances est proche. Last days. Lorsqu’un môme nous balança à la figure ce 05 avril 1994 que Kurt Cobain était mort, il y eut quelques échanges de regards du coin de l’oeil. Recevoir une savate en pleine figure aurait eu le même effet, la marque rouge en moins, l’air idiot en plus. Ne pas y croire. Putain ! Quelqu’un a une radio ? Recherche d’une fréquence. Merde c’est vrai… Silence consterné, un ange passa et re-passa. Aujourd’hui, le bruit est si intense qu’une telle nouvelle passerait vite en filet dans la rubrique des chiens écrasés. Tout juste quelques mots à la télé. Car ce jour-là, un gars pas si tranquille de la middle-class américaine, en proie à de terribles démons, mit fin à un drôle de rêve. Avec Nirvana, notre karma avait viré au gris clair de nos vies intérieures : croire un bref moment à autre chose.
Et puis cette pelle qui creuse la tombe. Ce bruit sourd des mottes de terre qui retombent. Y croire fut certainement la dernière erreur commise par une génération qui, avant de s’engouffrer dans la bulle Internet, aura pris le temps de partager la mort de son seul et unique héros. Parce que c’était lui, parce qu’il nous ressemblait. 12 ans après, que reste-t-il ? On s’emballe pour des gai-lurons et certains pensent voir en un amateur du banjo, l’avenir d’un genre. En fait de bruit, le buzz est tellement fort qu’on en oublie tout sens critique. De bas en haut, la même rengaine insipide, 10000 articles pour encenser la même chose, sans y apporter le moindre son de cloche. La fin de la critique musicale, au sens Lester Bangs. Plus de discussions enflammées au bar du coin pour tirer le meilleur d’In Utero. I hate myself and I want to die (mp3). Un dernier son punk-rock pour la route et croire encore que des électrons noirs bougeront toute cette merde.